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Carlos Taveira (Piri)

De la racine des orages

De la racine des orages

2014

Les Éditions L'Interligne, Ottawa, Canada, 2014.
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Poésie, 184p, ISBN 978-2-89699-404-5
Recueil poétique d'inspiration urbaine.


De la racine des orages se situe à la frontière d’une prose narrative, réaliste et transitive, et d’une prosodie poétique ouverte et libre. L’ouvrage exploite les motifs autobiographiques de l’auteur : l’expérience de l’émigration, le nomadisme culturel et la lutte pour se fixer à demeure. L’auteur accumule réflexions, pensées et observations sur les sociétés et cultures humaines. Il y mêle ses propres émotions, passions et révoltes, devant la polyvalence d’une vie imprévisible et souvent inquiétante. Cet ouvrage substantiel et cohérent propose un contenu anecdotique ancré dans des lieux « réels » familiers : le centre-ville de Montréal ou d’Ottawa. On y retrouve des préoccupations quotidiennes liées à l’absurde mélasse des processus bureaucratiques aux œillères étroites, comme à l’ineptie crétinisante des médias. L’auteur se pose en témoin angoissé du monde. Il embrasse des causes universelles. Il dénonce la cruelle tourmente des sociétés inéquitables, les inégalités économiques, les injustices, les angoisses de la guerre. Il relate aussi divers désastres qui affligent l’humanité menacée par trop de déprédations de ce genre.


Notícia em português
Compilação de poemas que fui escrevinhando ao fio dos anos. Poesia urbana, reflexões, dividida em temas (Des femmes... Des inquiétudes... Des dieux et des hommes... etc.)

Extrait

Curriculum vitæ

Je suis parti pour le voyage,
Baigné par la lueur faible du levant.

Dans mon bagage :
Une langue étrangère,
Une autre balbutiée,
Une couleur exotique,
Un dieu anémique, démodé, que j’ai égaré entre trois continents,
Et un curriculum vitæ vide d’expériences pertinentes.
En fait, il était blanc, pas de race, mais de mots…

Pour me tenir compagnie,
J’ai invité une âme moulante, habitée par un mal sorcier,
Un horizon marin et quelques fées impudiques.
J’ai tourné le dos aux rives, j’ai pris le chemin de la mer,
Les matelots de la guerre m’ont appris comment tuer
Et nager parmi les flammes…
Mes pieds bots chaussaient fermes indécisions…
Ils avaient un curriculum vitæ à livrer,
Trois frontières à franchir,
Une expérience impertinente écrite en langue balbutiée,
Et une race presque blanche
Hantée par les diables trouvés parmi trois continents.

J’ai monté lentement, peureusement, doucement…
Un long escalier…
J’ai écouté la sagesse des sages… Et j’ai tout désappris !
Et comme le vent me suggérait, condescendant :
– L’autoroute ?
J’ai emprunté les chemins de brousse !

Je suis tombé dans un marécage où une humanité mourante se débâtait et gémissait…
J’ai réussi à flotter, nageant contre le courant qui essayait de me noyer…
Et j’ai échoué sur une grève, battue par les brises froides.

Et là, nu,
Je me suis assis dans un immense désert glacé,
Regardant le ciel nocturne de mon enfance.
Je lui ai demandé le chemin, avec sanglots dans la voix,
Et il balisa ma route avec de longs traits de lumière.

Et un jour j’ai trouvé, incrédule, la fin des sentiers, mon début.
Dans l’océan luisait une vague fluorescente.
J’ai accroché mon habit usé par les bourrasques…
J’ai fermé les yeux et je me suis laissé parcourir par les caresses tièdes des écumes.
Et j’ai planté une rose de porcelaine, cueillie au creux des abysses, dans un terrain de neige.





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